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L'équipe du Clemi à Gueugnon
Oumar Dia, journaliste Mauritanien exilé, a témoigné devant des lycéens très émus.
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Couverture médiatiques réalisées par des élèves
PAM 2009-2010
Semaine de la Presse et des Médias
Kiosque (La Bourgogne et la Saône-et-Loire fait sa presse)
L'actu des médias
Clemi Dijon
Divina Frau-Meigs
Professeur à l'université Paris 3 Sorbonne, sociologue des médias,
Mme Frau- eigs est membre du comité de rédaction de Médiamorphoses (INA)
rédactrice en chef de la Revue Française d'études américaines
a participé au rapport du collectif Interassociatif Enfance et Médias (CIEM) intitulé: « Jeunes, médias, violences » avec Mme Sophie Jehel.
Par rapport à la violence il faut dépasser les fausses croyances et mettre en évidence les vrais clivages
La violence revêt 2 réalités : la violence des faits, de la réalité et la violence du dispositif audiovisuel (liée aux effets des médias)
Contrairement à de nombreux sociologues, elle pense que les médias socialisent et ont des effets :
- l'effet loupe, effet grossissant
- l' effet vitrine : les faits se rapprochent de nous mais on ne peut les « toucher » : absence de prise sur l'action et absence de suivi
- effet de peur et de sentiment d'insécurité pour la plus grande partie de la population protégée
les médias se sont attribuées des fonctions, des fonctions que l'on leur a aussi simultanément attribuées ce qui conduit à une construction de la réalité par les processus suivants :
- fonction d'agenda : les médias hiérarchisent l'info, choix subjectif qui conditionne l'importance donnée à l'info
- fonction de filtrage : sélection de l'info, de la réalité (ce qui n'est pas médiatisée « n'existe » pas)
- fonction de cadrage : mise en parallèle avec d'autres faits, acteurs antécédents dans l'histoire (référence à d'autres faits plus ou moins pertinente..)
- fonction de focalisation : mise en scène, construction d'un rythme, montage...schéma narratif... (manipulation politique des images)
Les médias ont une médiafonction : cacher une logique commerciale. Le JT conditionne les esprits aux marques car on retient mieux les marques en état d'anxiété. Les marques auraient un effet euphorisant, JT instrumentalisé, anxiogène.
Les fausses affirmations :
- il faut montrer la violence parce que ce n'est pas de la fiction : FAUX
- il faut construire un rythme, écourter le sujet (troncage..)(de 3.5 à 1.10 minutes) : FAUX
- il faut un accompagnement par l'image sinon on ne traite pas l'info : FAUX
- ce n'est pas de la faute des journalistes c'est l'actualité qui s'emballe : fatalité, FAUX, comme si les journalistes étaient dominés par les évènements. Ce qui explique les reconstitutions sur site
il faut combattre les usages, la routine et pratiques collectives qui permettent de comprendre ce qui se passe et qui font violence :
- les jeunes sont très peu montrés
- en général, les adultes (éducateurs et policiers) confisquent la parole des jeunes (peu de jeunes parlent)
- les jeunes ont un style, comme si les journalistes répondaient à un casting (logiqe du look plus que de l'enquête) –stigmatisation, amalgames...
- dissymétrie entre jeunes et adultes avec un rapport de force en faveur des adultes et discrédit des jeunes : pour les images de jeunes, la parole est toujours à chaud (pas de recul, langage mal adapté...), filmés avec un arrière plan, contrairement aux adultes qui négocient le temps de parole, préparent les interventions télévisées, sont filmés en gros plan, donnant plus d'autorité (hommes politiques conseillés...)
- lorsque le jeune est victime de violence, TV cherche de l'empathie, le montre de près...
- lorsque le jeune est auteur de violence : soit TV donne à voir un temps de maltraitance, soit on le montre dans temps de réparation alors que jeunes des banlieues vit cela en continu
plus un jeune est défavorisé dans la vie plus il l'est dans les médias
Les jeunes sont contre le sensationnel, ils sont frustrés car attendent un suivi de l'après évènement et ressentent un sentiment de violence car négation des personnes et acteurs en place. Leur préoccupation : comment arrêter la violence, ils sont plutôt favorables pro- paix et pro-environnement. Donc on assiste à clivage entre discours et représentations
Comment comprendre les représentations de la profession, et combattre les fausse croyances ?
- Rôle important quoique insuffisant du CSA, il faut s'emparer du problème
Rôle de journalistes :
- Seuls 30% des journalistes sont formés, les autres sont cooptés par le milieu social, d'où une connivence objective, qui influe les choix des journalistes.
- Beaucoup n'ont donc pas d'éthique
- Lâchage par les directions qui ne les soutiennent pas sur travail sur terrain, car la fonction marketing dicte les choix
Il faut donc un minimum de formation même pour les non-journalistes, une éducation aux médias en sensibilisant les jeunes au décryptage des images qui font violence et prendre de la distance, développer la presse écrite pour les jeunes qui parlent à leur niveau et leurs préoccupations
Divina Frau-Meigs
Professeur à l'université Paris 3 Sorbonne, sociologue des médias,
Mme Frau- eigs est membre du comité de rédaction de Médiamorphoses (INA)
rédactrice en chef de la Revue Française d'études américaines
a participé au rapport du collectif Interassociatif Enfance et Médias (CIEM) intitulé: « Jeunes, médias, violences » avec Mme Sophie Jehel.
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